Id Quantique, la physique au service de la cryptographie

« Même si cela prend du temps, le cryptage classique qui utilise des formules mathématiques pour sécuriser l’information peut toujours être cassé. » Pour Grégoire Ribordy, directeur d’id Quantique, le cryptage mathématique n’a qu’un niveau de sécurité limité, car une suite de nombre est rarement totalement aléatoire. C’est pourquoi cette spin-off de l’université de Genève s’est dirigé vers le cryptage quantique. En pratique, elle utilise la physique pour garantir la sécurité de l’information. Au moment même où l’Américano-britannique Charles Kao, reçoit le Prix Nobel de physique 2009 pour ses travaux sur la fibre optique, Grégory Ribordy explique le fonctionnement du système: « Lorsque les informations sont transmises à travers la fibre optique, elles utilisent une impulsion lumineuse très intense, de sorte que si la communication est intercepté, il est difficile de s’en rendre compte. Notre méthode d’encryptage fonctionne sur le principe d’une impulsion lumineuse élémentaire, avec un nombre de protons très restreint. Ainsi si la communication est interceptée, les interlocuteurs s’en rendent compte immédiatement. »
Se diversifier
Parce que le domaine de la sécurité est commercialement difficile et que l’entreprise veut s’autofinancer, id Quantique a choisi de se diversifier. Outre les méthodes de cryptage mathématique et quantique, elle propose à ces clients différents produits:
- un instrument de mesure pour détecter les photons utilisé pour des laboratoires e recherche dans le domaine de la physique, l’optique et la biologie, et ce dans le monde entier.
- un outil de génération des nombres aléatoires. Il s’agit de générer une suite de nombre dont il est impossible de prédire l’évolution. Ce système est utilisé notamment pour le e-voting à Genève ou pour les loteries et jeux en ligne.
Démocratiser la cryptographie quantique
Si id Quantique est venu au salon World Telecom 09, c’est avant tout pour expliquer ce qu’est la cryptologie quantique comme l’explique Grégoire Ribordy: « Nos vrais concurrents sont les sociétés qui vendent de la cryptographie mathématique. Sur le salon, nous voulions rencontrer un maximum de monde pour évangéliser la cryptographie quantique. Dans ce domaine, nous sommes uniquement des petites entreprises et chaque vente augmente la perception du risque de sécurité et la visibilité de notre travail. » Au sein de la plateforme Alp ICT, il a apprécié la présence de toutes les startups: « C’est une bonne approche d’être tous ensembles sur un stand unique. Cela évite d’être seul sur un petit stand perdus au milieu du salon. »
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